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Après avoir investi la plupart des segments automobiles, il ne manquait plus qu'une vraie GT au catalogue Audi. Une supercar capable de rivaliser avec l'ennemie autoproclamée : la Porsche 911. Nom de code : R8. Présentation. |
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1,90 m aux épaules, 1,25 m sous la toise, un empattement de karting (2,65m), un V8 FSI à carter sec de 420 ch, extrait de la RS4 et greffé en position centrale arrière, une transmission intégrale Quattro, un châssis Audi Space Frame mêlant aluminium et magnésium (une première !)… La R8 a été pensée de A à Z pour la performance pure, allant jusqu'à tirer son patronyme du célèbre proto d'endurance quintuple vainqueur des 24h du Mans ! Mission réussie : malgré ses 1565 kg, la R8 vous propulse tranquillement à 301 km/h et abat le 0 à 100 km/h en 4,6s ! Mais là n'est finalement pas l'essentiel. Car les chiffres ne rendent pas honneur au sentiment d'homogénéité que l'on ressent à bord de la R8. Vissée au sol, sur le sec comme sur le mouillé, la R8 est joueuse mais prévenante, polyvalente mais pas aseptisée, violente mais jamais sauvage… Une voiture multicarte en somme qui nécessite cependant une petite phase d'apprentissage pour bien en appréhender sa largeur hors normes (attention à ne pas mettre une roue sur le bas-côté, ça peut vous coûter une jante et un pneu, j'en sais quelque chose !). Une fois la belle apprivoisée, on peut alors profiter pleinement de son agrément : jouer de la boite pour enquiller les virolos sur routes sinueuses, ou poncer l'asphalte sur autoroute, la R8 révèle autant un caractère de gros karting que de GT taillée pour le cruising à haute vitesse.
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Une gueule…
Trapue, râblée, posée par terre, la R8 possède une gueule, une vraie ! Dotée d'une très forte personnalité, elle attire tous les regards, toutes les convoitises et tous les éloges. Preuve en est, lors de notre essai sur les routes du Lubéron, où nous avons pu mesurer son capital sympathie auprès du public ! Bref, la R8 est la parfaite synthèse "assagie-mais-pas-trop" du concept Audi Le Mans. Un exercice de style mené de main de maître par les designers Audi, qui, s'il présente quelques très légers stigmates d'autres autos (une once adoucie de Gallardo par-ci, un poil de Ferrari 360 Modena dans le bouclier arrière…), n'en demeure pas moins unique.
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Ajoutez à cela les sideblades latéraux personnalisables à l'envi (moyennant finances), les magnifiques phares de jour composés de 12 leds, le moteur exposé à travers la lunette arrière et pouvant recevoir en option un éclairage d'ambiance, et vous obtenez une GT qui, de l'extérieur, ne passe clairement pas inaperçue ! A l'intérieur, même constat : finition hors paire, équipements pléthoriques, habitabilité généreuse, matériaux nobles… la R8 accueille ses deux passagers dans un luxe ostentatoire teinté de sportivité, qui donne parfaitement le ton de ce qui nous attend une fois la cavalerie libérée.
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… et un cœur !
De la rage, du tempérament, de la gouache, la R8 – équipée sur notre modèle d'essai de la boîte séquentielle R tronic – délivre ses 420 ch avec une générosité qui fait plaisir au pied droit… qui peut également compter sur un freinage aussi mordant qu'endurant grâce à des disques ventilés de 365 mm à l'avant et 356 mm à l'arrière. Au rang des critiques, d'aucuns trouvent le mode automatique de la boîte séquentielle un peu trop rustre (nombreux à-coups lors des changements de rapports). De notre côté, nous avons réellement apprécié le mode manuel de cette boîte qui, bien exploitée, confère un relief ultrasportif au V8 (le coup du double débrayage lorsqu'on rétrograde au bon régime… un bonheur !). Quant au comportement routier, il est difficile à prendre en défaut : vissée au sol, la R8 tolère beaucoup plus qu'elle ne sanctionne. Mieux : malgré une chausse XXL (235 à l'avant, 285 à l'arrière), il faut vraiment jouer les gorets pour que l'ESP se réveille et vienne corriger vos excès d'optimisme ! Bref, entre le confort royal d'un amortissement qui ménage les lombaires, la santé du V8 disponible à tous les étages, la direction ultraprécise, une répartition des masses idéale (56% à l'arrière, 44 à l'avant) et un comportement très typé propulsion (malgré la technologie Quattro), cette GT-là réussit le sans faute : un cœur de diva, un corps de déesse et un tempérament de diable, le tout exploitable aussi bien à la cool, qu'en arsouille musculeuse !
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Les petits détails qui fâchent
Qui dit Audi, dit malheureusement liste d'options longue comme le bras. Ainsi, dans la galaxie R8, vous pourrez vous offrir les jantes en aluminium 5 branches, le pack cuir étendu Nappa fin, les Sideblades carbone, le compartiment moteur avec applications carbone, la suspension Audi magnetic ride, la Nav, la sono complète signée B&O, le tout représentant un petit extra de plus de 22 000 €… à ajouter aux 106 900 € de la caisse en boîte 6 manuelle, ou aux 114 350 € en boîte séquentielle R tronic ! Une vraie GT en somme, no limit à plus d'un titre…
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Et l'avenir ?
Quid des futures - et non moins hypothétiques - déclinaisons de la R8 ? Disons qu'à l'heure actuelle deux pistes sérieuses semblent se dessiner : une version mazout équipée du V8 4.2 l TDi déjà installé dans le Q7 et une version "RS8" recyclant le V10 de la Gallardo (voir le sujet sur le Nürbrugring paru dans le N°71 d'ADDX). Quand aux ultimes versions de la R8, on peut imaginer la greffe du V12 TDi de l'actuelle R10, ou du W12 Volkswagen (qui équipe déjà l'Audi A8).
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| Les vidéos de l'essai par ici |
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Date : 21 juin 2007
Auteur : Elwood
Photos : Audi
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